Ci-dessous, le témoignage d'un captif de la pornographie vers la liberté... pour t'encourager !
Je m’appelle Henri et j’ai été prisonnier pendant +20 ans dans les
méandres boueuses de la convoitise et de la luxure. Le
problème commença à cause de mon inattention au danger des tentations que la
vie nous réserve. Ma distraction progressive loin du bon chemin m’emmena là ou
je ne voulais pas aller, c’est-à-dire dans une vie double.
Je me suis marié à l’âge de 23 ans. Je l’ai fait, certes par amour, mais
aussi afin de fuir une situation familiale en apparence bien mais qui était
dysfonctionnelle, sans père, avec une mère possessive et une sœur jalouse. Je
peux dire aujourd’hui que consciemment je pensais savoir ce que je faisais,
mais au fond de moi je n’étais pas prêt à affronter la réalité du mariage avec
ses difficultés particulières. Mon père est mort jeune, à l’âge de 47 ans, dans
des circonstances mystérieuses dont personne n’a jamais voulu en parler
clairement avec moi jusqu’à aujourd’hui. Du haut de mes 7 ans, je n’ai rien
compris lorsque les membres de ma famille m’ont dit qu’il était parti en
voyage. Ne le voyant pas revenir, j’ai demandé où il était et c’est là qu’ils
m’ont amené au cimetière devant sa tombe, pour me mettre devant le fait
accompli de sa mort et de son ensevelissement 2 mètres sous terre. Bien que je
ne m’en souvienne pas, ma mère m’a rapporté plus tard que pendant des mois,
afin d’encaisser le coup et de faire mon deuil, je n’ai parlé à personne. En
même temps qu’on me disait qu’un homme ça ne pleure pas ; trouvez
l’erreur !
Premier gros brisement dans ma vie, une perte de confiance et une
terrible séparation de mon cher papa qui m’aimait et moi aussi. Je n’ai que de
bons souvenirs de mon père qui était très attentionné et affectueux envers moi.
Après sa mort, j’ai passé mon enfance de manière apparemment normale, mais au
fond de moi, quelque chose s’était brisée et cela allait amener ses
conséquences comme nous allons le voir dans l’histoire qui suit. Ma mère, qui
ne s’est jamais remariée pour ne pas avoir à nous imposer un autre homme à la
maison, commença à faire le vide autour d’elle, ce qui contribua à développer
des relations superficielles avec les membres de notre famille étendue ainsi
qu’avec les voisins du quartier et ma vie sociale fut réduite en solitude. Mes
amis et camarades de classe, mes voisins, tout ce beau petit monde semblait ne
plus exister qu’à distance, influencé que j’étais par le retrait de celle qui
m’avait donné la vie, moi qui étais déjà naturellement sauvage et solitaire.
C’est au début de ma puberté, que ma relation avec ma mère commença à se
détériorer. Alors que je voulais simplement et normalement m’émanciper et
m’affirmer comme jeune homme, j’ai commencé à lui tenir tête lorsqu’elle me
disait de me soumettre à ses ordres et que je n’avais pas à remettre en
question son autorité. A cette époque-là, j’ai commencé à me toucher les
parties sexuelles par suite de discussions avec un camarade de classe qui me
vantait les bienfaits de la masturbation. Il y avait aussi ces réunions
impromptues, dans les escaliers ou dans les caves de l’immeuble ou nous vivions,
entre garçons et filles qui parlaient de sexe de telle manière que j’en restais
ébahi. Des blagues fusaient pendant des heures sur le sujet très prisé d’une
sexualité débridée et grossière. Quelque peu inconfortable, je riais comme les
autres, tout en me sentant coupable que quelque chose ne tournait pas rond et
que je ne devais plus retourner à écouter ces sales histoires. Comme si cela
n’était pas assez en ce qui concerne mon vide émotionnel et relationnel, je
n’ai jamais reçu aucune éducation sexuelle, ni de la part de ma mère, ni de ma
sœur mon ainée de neuf ans qui m’a bien parlé un peu du sujet de la
masturbation qui gênait ma mère de savoir que son fils la pratiquait mais sans
plus de détails, n’étant ni formée ni bien placée elle-même pour devenir mon
éducatrice dans ce domaine. Le système scolaire envoyait bien M. le Curé dans
nos classes mixtes d’étudiants, une heure par semaine, et celui-ci nous
expliquait en théorie ce qu’il n’avait jamais eu l’occasion de pratiquer
lui-même puisque l’église catholique interdit aux prêtres de se marier.
Mon premier mariage aura été une suite de luttes et de conflits qui
auront aboutis par un divorce. Après 15 ans et 3 enfants, ma femme m’annonce un
beau jour qu’elle a rencontré un autre homme lors d’une conférence en
Angleterre et qu’elle désire me quitter, moi et la Suisse, et prendre avec elle
nos enfants pour aller refaire sa vie là-bas. Deuxième brisement et choc
extrêmement brutal ! Ce fut un traumatisme qui me causa une énorme
blessure, avec en sus le chagrin de
devoir laisser mes jeunes enfants de 6, 10 et 13 ans partir vivre dans un autre
pays avec leur mère. Le sentiment de rejet et d’abandon fut terrible en plus de
n’avoir de soutien d’aucun pasteur ou dirigeant d’église. Deux amis auront été
un peu présent pour m’accompagner dans mon deuil, car le divorce est bel et
bien une mort vivante, surtout lorsque l’on doit se résigner à laisser partir
ses enfants que l’on aime vivre à l’étranger. Ma femme et moi étions bien allé
voir une psychologue qui me conseilla d’écrire une lettre d’adieu à mon père,
ce que je fis et cela me permis de terminer de faire son deuil. Cependant, cela
ne suffit pas à remplir le vide affectif qu’il y avait dans mon cœur. Il faut
dire que je suis une personne hypersensible et que les bouleversements par
lesquels la vie m’avait déjà fait passer jusqu’alors, m’obligèrent à compenser
mes manques et nous allons voir comment j’ai fait pour combler le trou béant de
mon immense besoin affectif, afin de survivre tant bien que mal dans une
société qui était alors devenue plus libertine et permissible que jamais. Je me
suis retrouvé à vivre tout seul, sans femme et sans enfants, dans notre grand appartement dégarni, car ma femme était
partie avec la moitié des meubles. Alors que j’étais assis sur un des fauteuil
du salon qui me restait et que je pleurais abondamment à ne plus pouvoir
respirer, j’ai cru que j’allais perdre mon souffle tant la douleur était
intense et mes pleurs abondants. Ce n’est que par la Présence Réelle de Dieu qui,
dans Sa grande bonté s’est révélé à moi juste à ce moment-là, que j’ai pu
surmonter cette immense épreuve sans sombrer dans une dépression qui aurait pu
être fatale. De plus, le réconfort de la Bible, Sa Parole, m’aura aider à
surmonter ma peine et à avaler l’amère pilule. C’est en lisant le Psaume
34 qui dit au verset 19 : L'Éternel est près de
ceux qui ont le cœur brisé, Et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement, que j’ai trouvé la force d’aller de l’avant avec un sens de Sa Présence
renouvelée. S’il avait fallu attendre que les
hommes viennent me consoler de la sorte, j’aurais pu attendre longtemps.
C’est d’ailleurs depuis ce moment-là que j’ai perdu confiance aux hommes en
général et aux pasteurs et leaders d’églises en particulier. Les femmes
n’étaient pas mieux classées car ma mère et ma sœur s’étaient retournées contre
moi et m’avaient rejeté dans mon malheur et cela allait contribuer à une
dépendance que j’allais commencer à développer peu de temps après. Je commençais à écrire des poèmes afin d’exprimer ma peine et ainsi me
donner la possibilité de m’offrir la meilleures thérapie personnelle possible
en plus des quelques amitiés qui me restaient, car je suis un être très
sociable et à cette époque j’avais besoin de la compagnie des autres, surtout des
femmes.
Nous nous trouvons au tournant du 21ème siècle et internet continue
sa forte poussée ; tout s’accélère et permet de communiquer avec la
planète entière en quelques secondes et cela 24/24H. Cependant, le mauvais côté
de cette avancée technologique n’allait pas tarder à se manifester dans ma vie. J’habite seul dans un petit appartement mansardé et travaille comme
indépendant. Cependant, la vie et les affaires sont dures et risquées et
bientôt l’argent me fait défaut. Je me retrouve aux poursuites et en peu de
temps, je perds mes franchises et dois déclarer une faillite personnelle. Quelle
déception de constater que je ne suis pas si bon en affaires et qu’il faut
recommencer à zéro. Mes enfants me manquent et je dois
remédier à ma solitude, c’est pourquoi je commence à fréquenter des femmes, des
amies dont j’en fais des amantes car, le commentaire de l’une d’entre elles sur
ma foi : « on dirait un petit moine là-haut sur sa montagne » me
laisse perplexe quant à mon identité d’homme. Ne suis-je donc pas un être sexué
et n’ai-je pas le droit d’avoir une femme ? Je commence à penser à me
remarier, mais avec laquelle ? Pendant 5 ans, j’en fréquente 5 dont 3 me
quittent par ennui ou je ne sais quoi et je laisse tomber les autres parce
qu’elles ne représentent peut-être pas ce que je recherche vraiment chez une
femme. En fait, qu’est-ce que je cherche ? La déception de mon premier
mariage m’a laissé pantois, déçu et triste et comme je n’ai pas pu ou su vivre
une vie de famille heureuse, ce qui m’intéresse plutôt, c’est la distraction et
un bonheur éphémère qui pourvoit à mon besoin sexuel du moment sans plus. Je commence à visionner des cassettes vidéo louées dans un magasin du
coin. Je le fais avec un sentiment bizarre qui me dit que je ne devrais pas,
car après tout, je suis chrétien. Je le fais quand même, car ma solitude, la
curiosité, et surtout la nouvelle offre est alléchante ; elle me permet de
voir des femmes nues qui montrent leurs généreuses formes féminines ou d’autres
qui font l’amour avec des inconnus qu’elles ne connaissent pas, un peu comme
moi avec mes amies et d’autres femmes que je paie afin de pimenter un peu le
tout, car le cercle vicieux est vite refermé lorsque l’on vit avec de grosses
blessures affectives acquises au fil des années et qu’on ne sait plus vraiment
qui on est. J’ai des dettes et cela me stress ; le montant
s’élève à des dizaines de milliers de francs et la peur au ventre et la
déprime, me font sombrer un peu plus dans une dépendance dont je ne me rends
même pas compte tant elle me fait du bien et me permet ainsi de compenser, de
manière illusoire, mon manque à gagner et d’oublier les aléas de la vie qui
continue.
En fait, de quelle dépendance s’agissait-il ? On peut dire que
j’étais sain de corps et d’esprit, jusqu’au jour où je me suis laissé prendre
au piège. Lentement et sournoisement, l’habitude commença à devenir toujours
plus pressante jusqu’à devenir même nécessaire pour mon bien être tant
psychique que physique. Pour moi qui n’avais jamais connu aucune addiction, me
voilà bien pris au piège par l’une d’elle. Ma pensée était simple et
raisonnable. Cela ne fait pas de mal, pensais-je, bien au contraire, lorsque je
me sens seul, abandonné, triste ou en colère, voilà une soupape de ventilation,
une porte de sortie pour éviter le pire, c’est-à-dire devoir faire face à une
réalité qui m’offusque et me déprime ; le rejet et l’abandon des autres dont
j’ai tellement besoin.
Pendant toute cette période, je suis allé voir des
thérapeutes en vue d’une relation d’aide chrétienne pour me sortir de la
tristesse et la déprime. Je fus délivré un jour, d’une sale habitude acquise
plusieurs années auparavant, d’aller voir des filles de joie. Je me souviens de
manière très vivide lors de la prière, la thérapeute fit cette prière à
Dieu : « Seigneur libère Olivier de son désir de vouloir tuer la
féminité de ces femmes ». Je me mettais à pleurer en pensant et en disant
que cela n’était pas du tout mon intention, bien au contraire. Je ne pouvais
cependant pas me défendre devant les faits qui m’accusaient ouvertement. En
effet, selon mon historique, mon amour pour la femme était devenu amer et
j’avais transféré la haine pour ma mère, que je détestais, en faux amour pour
les femmes en général et pour les filles de joie en particulier. Je pouvais
utiliser celles-ci comme bon me semblait sans engagement et surtout sans états
d’âmes. Mes larmes furent un catalyseur (catharsis) pour ma guérison, car à
partir de ce jour-là, sauf pour une seule rechute, je ne suis plus jamais
retourné voir ce genre de femme. Je n’ai même pas eu de tentation de retourner
les voir car, non seulement j’avais été touché et profondément guéri par la
prière, mais j’avais aussi pris la ferme résolution d’être un homme bien et
surtout libre de ce genre d’activité malsaine. Ma relation avec une petite
amie, qui serait la dernière avant mon remariage quelques années plus tard, se
termina cette même année et je me sentais plus seul que jamais.
Après cela, je résonnais en moi-même en me disant qu’il me restait une
dernière chance de combler ma solitude sans les risques que comportent la
relation avec une femme. Je pensais que la masturbation pourrait compenser mon
vide émotionnel et relationnel. Mon raisonnement logique fit que je m’engageais
petit à petit et de plus en plus dans un monde imaginaire que je voulais sans
heurt, ni peur, ni frayeur, le monde fantasmagorique de la pornographie.
J’étais loin de m’imaginer que de prendre cette voie-là allait me couter la
perte d’un travail future et un autre mariage.
Nous sommes en 2018 et je fais partie d’un groupe d’hommes chrétiens qui
se rassemblent chaque semaine pour partager, sans jugement et dans la
transparence, leur problème de dépendance sexuelle. J’ai appris qu’une thérapie
de groupe est vitale pour la confession et la prière dont le but est la
guérison selon Jacques 5:16. Il s’agit aussi de comprendre le secret de
la redevabilité, car la dépendance est tenace et se tient cachée dans l’ombre.
Dès qu’elle est mise en lumière, sa force diminue et la personne dépendante se
sent moins seul et peut commencer à s’ouvrir et à partager ; la
culpabilité et la honte commencent à se dissiper. Je désire ardemment sortir de
l’engrenage malsain et suis prêt à tout pour réussir. Les échanges me font du
bien car finalement je peux parler avec d’autres hommes qui ont le même
problème que moi, qui m’écoutent et m’encouragent. C'est avec ce groupe de partage que je commence à sortir des ténèbres, et que commence véritablement mon chemin de guérison.
Lors d’un de ces échanges hebdomadaire,
j’entends parler d’un cours pour bien comprendre les raisons
profondes de mon état et vraiment entrer dans la liberté, tout en continuant
les rencontres hebdomadaires. Le cours consiste en une série de vidéos présentées par un coach, ainsi que d’un
cahier d’exercices. L’accompagnant encourage dès le départ les participants à
être vrais et honnêtes et à s’engager totalement en exerçant le courage
nécessaire de faire face au problème de fond, quel qu’il soit. Je n’ai rien à
perdre et débute le cours avec assiduité et le poursuis pendant toute la
période indiquée. C’est dur, car je revis tous les épisodes difficiles de ma
vie, de mon enfance et de ma vie adulte et cela fait tout ressortir au grand
jour. Petit à petit, je peux mettre le doigt sur tout ce qui ne va pas chez
moi, principalement un manque total d’amour inconditionnel dont j’avais eu tant
besoin jusqu’alors. J’accepte de me laisser conduire dans une nouvelle vie dont
cet amour est la clé. Toujours avec
l’aide de l’accompagnant, je suis dirigé et enseigné concernant cet amour
tellement différent de tous ceux que j’avais expérimenter jusqu’alors.
J’apprends aussi la combinaison gagnante ou les trois éléments vitaux pour
sortir de la prison :
1. La confession (pour me sortir de la
solitude, de la honte et de la culpabilité).
2. La redevabilité (pour me responsabiliser
face aux autres).
3. L’amour inconditionnel (pour être accepté comme je suis et ainsi vivre et exprimer le vrai amour selon le plan originel).
Une à une les barrières tombent et mes blessures guérissent peu à peu. L’abandon,
le rejet, la perte de repaire identitaire, la haine, la colère, la frustration,
l’amertume, tout disparait peu à peu, alors que je chemine encore plusieurs
mois après le cours vers une liberté qui aura été chèrement gagnée mais qui en a
valu la peine. Mon mariage actuel est en voie de guérison et nous allons
pouvoir repartir sur de nouvelles bases avec ma femme qui, bien qu’il lui ait beaucoup
couté d’accepter une profonde déception de ma part, me soutient comme elle peut
avec l’aide de Dieu. Je suis très reconnaissant pour cette nouvelle vie qui
s’ouvre devant nous. Je prends l’entière responsabilité de tous mes actes
passés, remercie ces hommes qui m’auront aidé à sortir de l’ombre, à me
responsabiliser, et à marcher en nouveauté de vie. Je donne toute la gloire à Dieu pour ma vie
présente et me réjouis de ma vie future. Je ne pourrais pas
retourner en arrière car la vie et la liberté sont incomparables. Parfois, je
me demande comment j’ai pu vivre sans elles, comme à l’époque avant ma
libération où je m’étais résigné à mon sort et pensais tout le contraire.
Dernièrement
ma femme et moi avons suivi un cours de 3 mois qui s’intitule ‘Mariés pour la
vie’ ou 2=1, qui fut créé aux Etats-Unis pour aider les couples à non seulement
surmonter leurs difficultés, mais à comprendre le but suprême de la famille et
à atteindre ainsi la maturité nécessaire et la vision que le mariage est une
alliance éternelle créé par Dieu et qu’Il est capable de nous sortir de
n’importe quelle situation difficile. Nous espérons pouvoir ainsi être un
exemple et aider d’autres tout comme nous avons été aidés.
Aujourd’hui, moi Henri, je confesse être libre de toute dépendance et
tellement heureux de l’être. Je puis dire que je suis libre comme l’air que je
respire, libre d’aimer en vérité tous ceux que je rencontre en toute pureté.